C’est quoi le stress aéronautique ?

Vous tremblez en pensant aux vacances ? Vous paniquez à l’idée de votre prochain déplacement professionnel ? Vous craignez un crash et vous vous posez des questions inquiètes sur les turbulences ou la sécurité aéronautique ? Vous redoutez de vous sentir mal car vous pensez ne pas pouvoir supporter d’être enfermé de longues heures sans bouger ? Vous restez marqué par une épreuve vécue lors d’un précédent vol ? En un mot, vous appréhendez l’avion ?
Oui ! Vous n’êtes pas le seul ! Un million de personnes par jour prennent l’avion tout en étant anxieuses sans compter celles que la terreur cloue au sol ! Savez-vous que la peur empêche une personne sur dix de prendre l’avion ? Et si vous voyagez, ne croyez pas que vous soyez le seul à bord à ne pas être zen ! Un passager sur trois se déclare anxieux et même les voyageurs les plus confiants connaissent parfois des pointes d’angoisse durant un vol!

Les troubles anxieux liés à l’avion sont souvent un mélange de peurs rationnelles et irrationnelles. Oui, les avions peuvent crasher et celui dans lequel vous allez voler a un risque de s’écraser mais, vous le savez, cette probabilité est extrêmement faible. En fait, vous avez peur principalement parce que vous pensez ne pas pouvoir être capable de gérer la situation aérienne ! Votre peur est réelle, vos émotions sont réelles mais la menace, elle, est-elle réelle ? Probablement pas…

Le stress aéronautique peut aller de l’anxiété légère relativement facile à surmonter jusqu’au véritable calvaire que vivent les phobiques ou les grands anxieux. Il existe 3 grandes familles de troubles anxieux : les phobies, l’anxiété et les attaques de panique.
La phobie est une peur rarement basée sur des faits objectifs ou sur la réalité. En fait, les personnes sont victimes de leur imagination et des films catastrophe qu’elles se racontent ! Bref, la phobie est le résultat de l’incapacité à gérer son imagination et ses pensées ! Ce phénomène peut atteindre n’importe qui, quel que soit l’âge, le sexe, indépendamment de la force de caractère, de l’intelligence et de la volonté. Il existe 3 grandes catégories de phobie aéronautique :
– L’altiphobie ou phobie de hauteurs. C’est la peur innée de tomber, la peur du vide.
– La claustrophobie. C’est la peur d’être claustré dans les espaces restreints quel que soit le lieu (ascenseurs, transports en commun, grands magasins, etc.)
– L’agoraphobie. C’est la peur de se retrouver dans des endroits ou des situations d’où il est difficile de s’échapper ou dans lesquels il est incertain de trouver secours en cas d’attaque de panique (foule, file d’attente, ponts, transports en commun, etc.).
L’anxiété. Ce qui est caractéristique de l’anxiété, c’est l’amplification péjorative. Les personnes se tricotent dans la tête un avenir lourd de menace.
– L’anxiété aéronautique. Certains passagers souffrent d’anxiété continue tout au long du voyage aérien mais la plupart manifestent une anxiété légère et ne craignent que certaines phases du vol : le décollage, lorsqu’il y a des turbulences, lorsque l’avion émet certains bruits et/ou l’atterrissage.
– Parmi les passagers anxieux, certains ressentent le besoin de tout contrôler et ne supportent pas de ne pouvoir maîtriser totalement les différents paramètres d’un voyage en avion.
– Certaines personnes souffrent d’anxiété généralisée. Elles sont tracassées ou ont des craintes récurrentes (par exemple, par rapport à la santé, aux finances, etc.) et ont souvent le sentiment qu’un événement négatif est sur le point de se produire.

D’autres l’ont fait avant vous, vous pouvez y arriver ! Cependant, rappelez-vous que tout changement demande un effort. Il faut donc être motivé ou être obligé de voyager par avion pour s’attaquer à son stress aéronautique. Lorsque vous aurez pris votre décision, sachez que des thérapeutes peuvent vous apprendre des techniques simples de gestion du stress (relaxation, imagerie mentale, auto-hypnose) et vous aider à vous désensibiliser de votre peur.

Les bruits à bord d’un Airbus A32F

Tous ces bruits vous sont décrits en fonction des différentes phases de vol, prises par ordre chronologique. Ces bruits sont les plus perceptible lorsqu’on se situe au milieu de l’avion, vers les ailes (rangées 10 à 20 sur les A32F). A ces places précises, vous pourrez entendre tous ces bruits très distinctement.

Durant l’embarquement, on est souvent amené à entendre des bruits sourds, des chocs sous ses pieds. Il s’agit de vos bagages qui sont «balancés/chargés» par les agents en soute à bagages.

Vers la fin de l’embarquement, juste avant la fermeture des portes de la cabine, on entend un bruit de moteur assez aigu/strident pendant 10 à 20 secondes (jusqu’à 4 en tout) Il s’agit de la fermeture des portes de soutes à bagage.
Durant le début du repoussage : Il n’y a plus de bruit de ventilation : coupure de la ventilation pour lancer le démarrage des moteurs.

Peu de temps après (10 à 20 secondes), ronronnement à droite : Alors que l’avion recule, nous initialisons la séquence de mise en route des moteurs. Sur un Airbus A32F, le moteur qui est démarré en premier est toujours le n°2 (celui situé à droite). En fait, ce moteur permet de pressuriser le système hydraulique YELLOW qui est en partie utilisé pour le système de freinage.

Dès que le moteur n°2 a atteint son régime de ralenti (30s maxi après le début du démarrage), on peut très distinctement entendre un bruit très caractéristique, que les passagers qualifient de perceuse (bruit très fort en plusieurs fois, durant 5 à 10s environ). Il s’agit en fait du PTU (Power Transfert Unit) qui se charge d’équilibrer les pressions. Il permet d’envoyer une partie de la pression hydraulique du moteur n°2 vers le moteur n°1.

Ensuite, dans la foulée, nous initialisons la séquence de démarrage du moteur n°1. On entend donc le même ronronnement que précédemment mais à gauche. Le moteur commence sa rotation jusqu’à 20% de N1 (à l’aide d’air comprimé) puis le carburant est injecté. Le moteur accélère légèrement puis revient à son régime de ralenti. Ensuite, dès le début du roulage, vous pourrez sentir un léger freinage, tout de suite après avoir commencé d’avancer. Il s’agit du check de pression des freins que nous effectuons dès le début du roulage (contrôle de l’instrument/jauge accumulateur situé sous la commande de train d’atterrissage). Au passage, vous pourrez aussi observer le contrôle des commandes de vol (aileron qui se lèvent et se baissent).

Sortie des volets pour le décollage
Juste après le décollage 5 à 10s après l’envol, on entend un bruit très bruyant : Rentrée du train d’atterrissage

Autre bruit de moteur 2 à 3mn après le décollage Rentrée des volets

Ensuite à 10 000ft (FL100), vous pourrez entendre les SIGN OFF (extinction du signal « attachez vos ceintures »). Au plutôt, quand vous entendrez ce signal, vous saurez que vous êtes à 10 000ft tout juste (3300m environ). En fait, nous venons tout juste d’effectuer la procédure niveau 100 (FL100). Les cabin crew vont pouvoir commencer à servir les repas.

Ensuite, impression d’arrêt des moteurs en fin de croisière. En fin de croisière, vous aurez l’impression que les moteurs s’arrêtent, il s’agit en fait du début de descente. Les moteurs resteront quasiment au ralenti durant tout la descente. Pour connaître précisément cet instant, voici la règle que nous utilisons systématiquement pour calculer la position du début de descente. La descente de fait toujours selon un plan de descente à 3° nous commençons la descente. Passant 10 000ft, vous entendrez à nouveau le SIGN du signal « attachez vos ceinture ».

Grondement assez fort / vibrations venant de l’extérieur, c’est l’extensions des Landing light (nous allumons toujours les landing en dessous du niveau FL100 pour être visible des autres aéronefs, par mesure de sécurité). Vous allez me dire, quel rapport avec ces vibrations ressentie dans toute la cabine ? les feux d’atterrissage sont rétractables ! Et oui, en dessous du niveau 100, nous sortons les Landing light et cela créé ces vibrations/grondement que l’on peut ressentir dans tout l’avion.
Ensuite, on entend à nouveau un bruit de moteur au niveau des ailes : Sortie des volets par étapes successives.
Sortie du train d’atterrissage. Notez au passage que durant la sortie des volets et du train d’atterrissage, les moteurs se mettent à accélérer. C’est tout à fait normal, en fait, la traînée provoquée par la sortie des volets et surtout du train d’atterrissage nécessite de réajuster la puissance. Sinon, comme l’avion est fortement freiné, la vitesse chute très rapidement. Habituellement, les passagers sont d’ailleurs un peu stressés d’entendre les moteurs accélérer alors que l’on est en phase d’atterrissage mais ceci est tout à fait normal.
Puis à nouveau un bruit de moteur, dernière étape avant l’atterrissage : Sortie des volets par étapes successives.

J’ai peur du crash !

Oui, malgré les accidents de ces derniers mois, l’avion reste le mode de transport le plus sûr. Pour vous en convaincre, voici quelques chiffres sur la sécurité aéronautique :
– Sur base nombre de kilomètres parcourus, l’avion est 2 fois plus sûr que le chemin de fer, 10 fois plus que l’automobile, 20 fois plus que le bateau.
– On dénombre une trentaine d’accidents d’avion de compagnie commerciale par an. Ces accidents causent entre 1.000 et 1.200 décès (de 450 à 1.500) – soit 0,02 mort par 100.000 de Passagers par Kilomètre Transportés – pour près de 2 milliards de passagers.
– En 2004, 464 personnes sur 1 milliard 800 millions voyageurs sont décédées dans un accident aéronautique impliquant une compagnie civile. Durant cette même période, dans le monde, 1 million 200 mille personnes ont succombé sur les routes.
– Pour une personne qui meurt dans un accident d’aviation, près de 2.600 trouvent la mort sur les routes. Autre comparaison, le tabac tue 10 millions de personnes par an dans le monde. Pour atteindre un taux de mortalité équivalent en aéronautique, il faudrait que s’écrasent par jour 30 Boeing 747 ! En moyenne, une personne peut voler au moins une fois par jour pendant 40.800 jours avant de mourir dans un accident impliquant une compagnie d’aviation commerciale sérieuse !
– En 25 ans, le nombre de passagers a doublé (de 1 à 2 milliards) et le nombre de décès a diminué de moitié (de 2.000 à 1.000). Le risque de mourir dans un accident d’avion est 4 fois moins important qu’il y 25 ans et 100 fois moins élevé qu’il y a 50 ans (2 morts par 100.000 de Passagers par Kilomètre Transportés en 1950 contre 0,02 aujourd’hui).
– Les tentatives de détournement et les attentats ont diminué depuis le 11 septembre 2001.

Le choc des images occulte la vérité des chiffres (pour rappel, 1000 à 1200 décès/1,5 à 2 milliards de passagers/an = 0,02 Passagers par Kilomètre Transportés). Comment réagirions-nous si les médias couvraient les accidents de la route comme ils le font des accidents d’avion ? Imaginez de voir les corps déchiquetés (parfois plusieurs fois sur la même journée), les carcasses écrasées, les familles en détresse, tout cela avec force détails…
Les récits d’accidents d’avion font l’objet de mise en scène et sont truffés d’imprécisions, d’erreurs, voire de mensonges. Vous est-il déjà arrivé de lire dans les journaux un sujet sur lequel vous avez quelque connaissance, par exemple un article qui concerne votre domaine d’expertise professionnelle, sans vous étonner de l’approximation des propos ?
L’aviation est une matière complexe. Les médias tentent de rendre compte des accidents mais ne sont pas capables de donner des informations de qualité. Si vous désirez connaître la vérité sur les accidents, lisez la littérature spécialisée.
Rappelez-vous aussi que les pilotes ne sont plus des kamikazes comme ils l’étaient au début de l’aventure aéronautique. Tout comme vous, les membres de l’équipage ont une famille qu’ils veulent retrouver, des projets qu’ils désirent réaliser et l’envie de pratiquer leur métier jusqu’à une retraite bien méritée !
Sachez encore que les accidents sont de moins en moins tolérés parce qu’ils sont un frein au développement du transport et qu’ils représentent un risque de ruine pour les compagnies ou les constructeurs impliqués.
Pour terminer, n’oubliez pas que les règles aéronautiques sont nettement plus exigeantes que le code régissant la circulation routière. Voici quelques exemples :
– Les routes aériennes sont toutes à sens unique.
– La distance minimale entre 2 avions qui se suivent au-dessus des continents est de 10 Km. Cette distance peut aller jusqu’à 200 Km lorsqu’ils survolent un océan.
– La hauteur séparant 2 routes convergentes est de 600 mètres.
– Les pilotes ne prennent pas le même repas afin que l’un des deux reste opérationnel en cas d’intoxication alimentaire.
Oui, les avions sont moins sûrs en Afrique, en Europe centrale, dans les pays pauvres d’Asie et d’Amérique du Sud. Les charters sont moins sûrs (1 mort pour 700 millions de Passagers par Kilomètre Transportés) mais en Occident, la différence de sécurité s’amoindrit.
vie !
Pas forcément. Selon une étude américaine, on compte 96% de survie tous incidents d’aviation confondus et 56% de survie dans les cas d’accidents sérieux. De nombreuses peurs sont le résultat d’un manque d’information, d’une mauvaise information ou d’un manque de compréhension. N’hésitez pas à discutez avec des habitués des voyages en avion, des hôtesses de l’air ou des pilotes.

J’ai peur de la panne !

L’avion, même un gros porteur, est avant tout un planeur. En cas de panne moteur, il suffit de le mettre en légère descente pour maintenir la vitesse nécessaire à sa sustentation. L’avion continue d’être porté très progressivement jusqu’au sol. Un avion peut planer 22 fois la valeur de son altitude. Un appareil se trouvant en croisière à 10.000 mètres peut planer 220 Km. Cette distance représente 20 minutes de vol. Or, une minute suffit à l’équipage pour redémarrer un moteur en vol.
Il est presque plus difficile de faire descendre un avion que de le faire monter. C’est parce qu’un avion vole trop bien que sont utiles les aérofreins, surfaces situées sur les ailes de l’appareil (qui augmentent la traînée aérodynamique) !
Si le bruit provoqué par la poussée des réacteurs peut effrayer certains passagers, d’autres s’inquiètent de leur diminution. Le pilote réduit les gaz lorsque la pleine puissance n’est plus nécessaire. En réalité, ces variations sonores sont la preuve que tout va bien !
En simplifiant un peu, on peut dire qu’à chaque décollage, tout se passe comme s’il y avait un moteur en réserve. En schématisant, on peut dire que l’avion décolle avec un moteur de réserve. En effet, la puissance des moteurs est telle que même diminuée de moitié, elle permet l’envol.
La panne de tous les moteurs au décollage est hautement improbable. En aéronautique, un événement est dit improbable s’il a moins de chance sur un milliard de se produire (1/1.000.000.000).
Chaque réacteur est équipé de 2 extincteurs commandés depuis le cockpit. Un robinet coupe-feu permet également d’isoler tous les circuits pour que le feu ne puisse pas se propager. Le plus souvent, la coupure du moteur, et donc de son alimentation, suffit à éteindre le feu. La flamme est soufflée par la vitesse de l’appareil. Rappelez-vous que le monde de l’aviation attache de l’importance à la sécurité. Tout comme vous, le personnel naviguant souhaite arriver à destination sain et sauf !

J’ai peur des turbulences !

L’air est un fluide en mouvement. Ces mouvements peuvent être horizontaux ou verticaux. Les mouvements horizontaux sont appelés « vents ». Les courants verticaux ascendants ou descendants ont deux causes principales : la température et le relief.
Les turbulences entraînent des secousses tout à fait normales, similaires à celles que l’ont peut ressentir dans un train ou dans une voiture. Avez-vous déjà roulé sur une route pavée ? Avez-vous ressenti les « turbulences » ? Généralement, l’air est « lisse » mais parfois des petites ridules se forment et peuvent donner une sensation de turbulence. Et comme votre voiture sur une route pavée, l’avion reste très stable « sur la route » du ciel.
Avez-vous déjà traversé un nid de poule en voiture ? Avez-vous sauté sur votre siège ?
Votre boisson a-t-elle débordé de son récipient ? Le trou doit-il être important pour provoquer cela ? Non, n’est-ce pas? Et d’autant moins que vous roulez rapidement (et l’avion, lui, parcourt 250 mètres par seconde !). Et maintenant, pensez à l’avion. Lorsque vous déposez un verre d’eau sur votre tablette, il y a peu de chance pour que l’eau déborde.
Les bosses et les fosses de l’air sont moins importantes que vous ne le pensez. Ce sont vos sens qui vous jouent des tours. La turbulence peut déclencher une sensation de flottement et une impression de chute. Ce n’est qu’une illusion de vos sens confrontés pendant quelques secondes à des variations brutales d’accélérations verticales. Votre cerveau se fait piéger par des sensations inhabituelles. On sent davantage quand on ne voit pas et qu’on ne peut donc prévoir. Vous avez certainement déjà éprouvé la sensation d’avoir les tripes qui remontent dans la poitrine alors que vous étiez installé à l’arrière d’une voiture. Le conducteur, lui, par contre n’a rien senti. Peut-être avez-vous ressenti cela davantage lorsque vous étiez enfant. En effet, nos sens apprennent aussi
avec l’expérience. Plus vous voyagerez en avion et moins vous éprouverez ces sensations !
Le trou d’air, ça n’existe pas. Il n’y a pas plus de trou dans l’air que de trou dans l’eau. La turbulence peut déclencher une sensation de chute mais il ne s’agit en réalité que de variations brutales de l’air qui est un fluide en mouvement. Cette situation ne présente absolument aucun danger si vous suivez strictement les consignes de sécurité et que vous attachez votre ceinture. Imaginez-vous naviguant sur un lac. Parfois, l’eau est calme mais parfois elle est agitée par des vents ou des courants. Lorsque vous glissez sur une grosse vague, vous pouvez avoir le sentiment que le bateau tombe et pourtant, il n’y a pas de trou dans l’eau pas plus qu’il n’y en a dans l’air. Lorsqu’il y a des turbulences, les passagers ont parfois la sensation que l’avion est en train de tomber. Les « bosses » sont toujours suivies de « fosses ». Simplement, on remarque nettement plus les «fosses ».
L’avion, grâce ses ailes, est flexible. Cette souplesse lui confère sa résistance. Comme le roseau, il plie mais ne rompt pas. L’avion est construit pour affronter les perturbations.
Par exemple, aucune turbulence n’est assez puissante pour briser les ailes d’un avion dont l’extrémité est très souple. La flexibilité de l’extrémité de l’aile d’un A 340 peut atteindre près de 7 mètres d’amplitude !
Les ailes de l’avion peuvent être comparées aux amortisseurs d’une voiture. Il est tout à fait normal qu’elles bougent en vol.
Sachez aussi que le pilote d’essai vole aux limites de l’avion pour en tracer le domaine de vol alors que le pilote de compagnie aérienne vole toujours en deçà des possibilités techniques de l’appareil.
Un petit conseil : Demandez à être placé à l’avant de l’appareil (en avant des ailes ou sur les ailes) car c’est l’endroit où l’on ressent le moins les éventuelles turbulences.

J’ai peur que l’avion ne tombe !

L’avion ne vole pas dans le vide. Il vole dans l’air, un élément réel mais invisible, c’est bien là notre problème ! Savez-vous que dans 1 cm³ d’air, on dénombre plusieurs milliards de milliard de molécules ?
Avez-vous déjà pensé à ce qui porte votre voiture ? Non, ce ne sont pas les pneus mais l’air sous pression qu’ils contiennent. C’est juste un peu d’air qui porte le poids énorme de votre voiture ! Réfléchissez-y… Et rappelez-vous aussi que l’air fait avancer les bateaux à voile et tourner les éoliennes ; il provoque les friselis sur les étangs et le mouvement des feuilles ; il éteint une bougie, etc.
Oui, les avions sont plus lourds que l’air mais les oiseaux aussi ! Pourtant, vous ne doutez pas qu’un oiseau puisse voler !
Imaginez une baleine. Cela vous étonne-t-il qu’un animal aussi gros puisse se déplacer dans le fluide qu’est l’eau ? Pour avancer et pour acquérir de la vitesse, elle nage et elle utilise ses nageoires comme des gouvernes. C’est très comparable à ce que fait un avion.
Les avions semblent lourds mais en fait, ils sont très légers proportionnellement à leur taille. Ils sont en grande partie construits en aluminium. Trouvez-vous qu’une canette de coca vide est lourde ?
Il existe une force qui aspire l’avion vers le haut et qui s’oppose ainsi à l’action de son poids. Cette force, on l’appelle la portance. C’est la vitesse de l’écoulement de l’air sur les ailes qui crée cette force.
Effectivement, l’idée qu’une force agit comme une ventouse qui aspire l’avion ne nous est pas intuitive. Pour comprendre comment ça marche, installez-vous comme passager dans une voiture un jour où le vent ne souffle pas. La voiture étant à l’arrêt, si vous sortez la main par la fenêtre, elle a naturellement tendance à retomber. Placez le tranchant de la main perpendiculairement au sol. Au fur et à mesure que la voiture augmente sa vitesse, vous ressentez une force de plus en plus grande qui repousse votre bras vers l’arrière. Pivotez maintenant votre main, paume vers le sol (le plat de la main parallèle au sol), un côté légèrement relevé (par exemple du côté du pouce). Vous ressentez une force qui non seulement vous tire le bras vers l’arrière mais tend également
à le soulever. Remarquez que votre main s’élève d’autant plus vite que la vitesse augmente.
Faites une deuxième expérience. Prenez une feuille de papier et tenez-la par les deux extrémités de sa largeur. Vous constatez qu’elle se plie vers le bas sous l’effet de la pesanteur. Soufflez maintenant sur la partie supérieure de la feuille. Surprise ! La feuille se soulève. Or, vous avez soufflé au-dessus et non au-dessous d’elle !
Non, l’avion est stable. Si vous levez le nez de l’avion (ou si vous l’abaissez) et qu’ensuite vous lâchez le manche, l’avion reprend naturellement sa position de stabilité. Idem lorsque l’on vire. C’est exactement comme une voiture bien réglée qui continue à rouler droit lorsque vous lâchez le volant.
Rappelez-vous que le choc des images relayées par les médias suite à un accident aéronautique occulte la vérité : l’avion est le moyen de transport le plus sûr au monde !
Sachez que vous avez plus de risque d’être victime d’un accident de voiture en vous rendant de votre domicile à l’aéroport que durant votre vol !

J’ai peur de ne pas pouvoir supporter cette situation !

Vrai et faux. Vous ne pouvez certes pas contrôler ce qui se passe dans le cockpit mais vous pouvez contrôler vos pensées et vos sensations ! Et de toute façon, si vous n’avez pas reçu une formation de pilote, il est préférable que vous ne soyez pas aux commandes…
Oui, mais vous n’avez pas le contrôle des autres conducteurs. Les avions suivent des couloirs balisés, sont munis de transpondeurs et sont contrôlés en permanence par les contrôleurs du ciel.
Oui mais examinons le comportement du personnel navigant commercial. Les hôtesses et les stewards ne pilotent pas. Pourtant, ils sont eux aussi parfaitement décontractés.
C’est vrai mais est-il possible dans notre vie moderne de vivre une vie sans aucun risque sauf à courir un risque réel de mourir d’ennui ?
Malgré les risques, de nombreuses personnes volent. C’est notamment le cas du personnel navigant ! Pourquoi sont-ils des usagers confiants et confortables ? Parce qu’ils pensent que toutes les précautions sont prises. Ils acceptent également que s’ils trouvent la mort durant le vol, c’est que leur heure était venue ! A partir du moment où ils décident de voyager par la voie des airs, ils cessent de s’inquiéter car ils savent que l’avion ne tient pas en l’air par hasard. Pas plus d’ailleurs qu’il ne tient en l’air parce qu’on s’agrippe aux bras du fauteuil !

L’air à l’intérieur de l’avion est complètement renouvelé toutes les 2 minutes ! Le système d’air conditionné est nettement plus efficace que les systèmes les plus perfectionnés dont sont équipés les buildings (qui ne renouvellent que 20% de l’air et ne sont pas équipés de filtres aussi performants).

Lorsque vous avez une relation sexuelle, votre rythme cardiaque s’accélère, votre respiration devient saccadée, vous avez des coups de chaleur et cependant vous ne pensez pas que vous allez mourir… Dans le cas de la peur, ce que vous devez retenir, c’est que ces sensations sont inconfortables mais ne sont pas dangereuses. Vous êtes juste en train d’expérimenter une épreuve qui s’appelle une bonne frousse. Rappelez-vous que des psychologues sont prêts à vous aider ! Gérer ses émotions et ses pensées, c’est possible !

Lorsque vous avez une relation sexuelle, votre rythme cardiaque s’accélère, votre respiration devient saccadée, vous avez des coups de chaleur et cependant vous ne pensez pas que vous allez mourir… Dans le cas de la peur, ce que vous devez retenir, c’est que ces sensations sont inconfortables mais ne sont pas dangereuses. Vous êtes juste en train d’expérimenter une épreuve qui s’appelle une bonne frousse. Rappelez-vous que des psychologues sont prêts à vous aider ! Gérer ses émotions et ses pensées, c’est possible !

Conseils pour les passagers anxieux

– Soyez organisé. Etablissez des listes (démarches à entreprendre pour le voyage, contenu de votre valise, de la trousse de médicaments, du sac en cabine, etc.).
– Consultez un dentiste.
– Traitez les rhumes (décongestionnant nasal) et consultez un médecin en cas de problème ORL important.
– Préparez vos affaires suffisamment à l’avance afin de ne pas ajouter un stress inutile au moment du départ.
– Avant votre premier vol, discutez avec des habitués des voyages en avion, des hôtesses de l’air ou des pilotes.
– Préparez-vous psychologiquement au voyage. Les hyper-anxieux peuvent participer à des stages de relaxation (Yoga, méditation) ou suivre une psychothérapie.
– Si vous en avez les moyens, réservez un siège en première classe (service de cabine plus attentionné, plus grand confort).
– Renseignez-vous s’il est possible de réserver un siège. Demandez à être à l’avant de l’appareil (en avant des ailes ou au niveau des ailes) car c’est l’endroit où l’on ressent le moins les turbulences. Un siège «couloir » vous permet de vous lever plus facilement ou de parler au personnel de cabine. Une place « fenêtre » vous permet d’admirer le paysage ou les nuages.
– La veille du départ, relaxez-vous, regardez un film drôle ou détendez-vous en passant une bonne soirée avec des amis (mais n’allez pas dormir trop tard).
– Les besoins non satisfaits de notre corps sont des facteurs de stress : attention à la faim, la soif ou le manque de sommeil ! Passez une bonne nuit de repos avant le départ. Ne restez pas à jeun mais choisissez une alimentation légère, de préférence solide afin d’éviter les ballonnements, source d’inconfort.
– Evitez les excitants (alcool, café, thé fort, tabac) et les acides (jus d’orange).
– Evitez les boissons gazeuses et les aliments fermentescibles (légumes secs, lait, maïs, chou, poivron).
– Prévoyez des vêtements amples dans lesquels vous vous sentirez à l’aise et qui vous donnent confiance en vous.
– Emportez des chewing-gum. En mâcher réduit la tension et prévient les douleurs auriculaires lors de la descente de l’avion.
— Arrivez à l’avance (et accompagné) à l’aéroport pour être à l’aise et vous familiariser avec les lieux. Il est inutile d’ajouter à votre angoisse la peur de rater l’avion.
– Emportez des bouchons auditifs en mousse ainsi qu’un masque qui protège vos yeux de la lumière.
– Prévoyez un coussin-appuie-tête, afin d’améliorer votre confort et d’éviter de vous réveiller avec des douleurs cervicales.
– Emportez un pull ou un sweat-shirt (et éventuellement un foulard si vous êtes frileux) car la climatisation de l’appareil crée une température fraîche. Un vêtement personnel douillet est plus rassurant que les couvertures qui vous seront distribuées.
– Portez des bas de contention.
– Arrivez dans les premiers au comptoir d’enregistrement pour pouvoir choisir votre place si vous n’avez pas pu la réserver.
– Arrivez un peu en avance pour “bien prendre possession des lieux”.
– Asseyez-vous confortablement.
– Entamez la conversation avec votre voisin ou avec le personnel de bord. Parler procure un certain soulagement. Une personne qui parle souffre moins que celle qui se tait.
– N’hésitez pas à exprimer vos peurs et vos difficultés au personnel de bord. Cela ne les dérange pas. C’est son travail d’être à votre service et de prendre soin de vous.
– Occupez-vous (revue, livre), bref pensez à autre chose. Comme l’attention ne peut se fixer que sur une tâche à la fois, l’objectif est de la concentrer sur une activité simple et agréable.
– Souvenez-vous que rassurer donne la réassurance. Comme le bâillement, le stress est contagieux. L’assurance, la sécurité et la confiance sont tout aussi transmissibles.
– Levez-vous et marchez dans le couloir. L’activité physique libère les tensions.
– Buvez de l’eau pour garder la bouche humide (1 litre toutes les 4 heures). Sucez des bonbons. La déshydratation résulte de la sécheresse de l’air en cabine
(l’hygrométrie est d’environ 10 %), de la baisse de la pression d’oxygène (l’air en cabine a la densité de celui que l’on trouve à une altitude terrestre de 1.500 à 2.000 m.) et est aggravée par la consommation de boissons alcoolisées.
– Evitez les boissons gazeuses.
– Evitez les excitants (alcool, café, thé fort).
– Buvez un verre de champagne ou de vin mais limitez votre consommation d’alcool.
– Relaxez vous !
– Occupez-vous : jeux, musique , séance préenregistrée de relaxation, livre audio, magazines (en général, il est trop difficile pour une personne anxieuse de se concentrer sur un livre), jeu de société, dessin, mots fléchés ou croisés, préparation du circuit touristique, etc.
– Si en situation d’anxiété, vous avez tendance à vous replier sur vous-même, créez votre bulle. Si vous avez difficile à tenir en place, parlez à votre voisin ou aux stewards, déambulez dans les couloirs, etc.
– Si vous vous sentez anxieux, écrivez vos peurs sur un carnet. Mettez en mots vos émotions. Soyez le plus précis possible. Détaillez, trouvez le mot juste. Plutôt que « l’avion fait des bruits inquiétants », décrivez le type de bruit et cherchez à l’associer avec la phase de vol. Le fait de mettre sa peur en mots a un effet calmant. En plus, cela vous donne une tâche qui paradoxalement concentre votre esprit sur autre chose que la peur !
L’alcool peut aider à se détendre mais attention au revers de la médaille ! Ses effets sont multipliés par 3 en altitude. L’idéal : une coupe de champagne ou un verre de vin. L’alcool déshydrate et la bouche devient sèche. Or, la bouche sèche étant un signal d’angoisse pour le cerveau, il réagit en conséquence. La sensation de bouche sèche peut donc déclencher l’angoisse ! De plus, l’alcool peut aussi exacerber l’angoisse !
A proscrire, le mélange alcool – tranquillisant, responsable de nombreux malaises.
70% des voyageurs souffrant de stress aéronautique ont recours une médication psychotrope s’ils doivent prendre l’avion mais 75% d’entre eux n’en ressentent aucun effet positif. Généralement, elles luttent contre l’effet du médicament et arrivent complètement épuisées à destination.

J’ai le mal de l’air !

Le mal de l’air touche moins de 1% des passagers. Il engendre des symptômes gênants tels que nausées, sueurs, vertiges et fatigue.

Les causes du mal de l’air sont nombreuses. L’une des plus fréquentes résulte de l’affolement de l’organe vestibulaire de l’oreille interne soumis à des sollicitions inhabituelles que le cerveau juge contradictoires.
Le mal de l’air est lié aux variations d’accélération. C’est pour cette raison que les turbulences et les virages accentuent le phénomène.
Il est exact que le mal de l’air est considérablement majoré par le stress. Ceci est probablement du au fait le stress augmente la sensibilité aux distorsions sensorielles.
– Renseignez-vous s’il est possible de réserver un siège. Demandez à être à l’avant de l’appareil, en avant des ailes ou au niveau des ailes (place proche du centre de gravité de l’appareil).
– Evitez les repas copieux et l’alcool
– Consultez votre médecin. Il pourra éventuellement vous prescrire un antinaupathique (médicament contre le mal des transports) du type Dramamine ou Nautamine (1 comprimé 30 minutes avant le départ à renouveler toutes les 6 heures) ou un anti-histaminique.
– Essayez de dormir. Si besoin est, prenez un somnifère léger à élimination rapide.

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